juin 16, 2009 par lelephantafricain
Au cœur des procédures à l’encontre des chefs d’Etats africains, des Biens Mal Acquis, on retrouve de manière récurrente le très médiatique avocat William Bourdon. Spécialisé dans la défense des droits de l’homme, il est à l’origine des procédures contre de nombreux dictateurs, au rang desquels on retrouve notamment Pinochet et Hissène Habré.
Présenté par l’association Sherpa comme étant « reconnu internationalement pour son rôle dans la défense des victimes des violations des droits de l’homme», William Bourdon est depuis 2005 l’avocat de plusieurs dignitaires du régime libyens, alors même la Libye est décriée par l’ensemble des associations internationales des droits de l’homme. L’organisation Human Rights Watch note ainsi dans son rapport annuel 2009 que la Libye a poursuivie sa réintégration internationale en dépit de violations flagrantes des droits de l’homme, telles que le refus de la liberté d’association et d’expression, la détention et la disparition d’opposants politiques, le traitement inhumain infligé aux détenus, l’absence de droits au profit des femmes. 1
1 http://www.hrw.org/en/node/79302
En 2005, William Bourdon a défendu1 Motassim Bilai « Hannibal » Kadhafi, le fils du Colonel Mouammar Kadhafi, condamné le 23 Mai 2005 par la 10ème Chambre du Tribunal correctionnel de Paris à quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour violences et port d’arme illégal 2.
1 http://www.jeuneafrique.com/Article/LIN15068moussajeuqa0/edition_digitale.php
2 http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20050526.OBS7932/
En 2007, il est l’avocat de Moussa Koussa, chef des services de renseignement extérieurs libyens, Ministre des affaires étrangères depuis Mars 2009. Il porte plainte avec constitution de partie civile le 25 Octobre 2007 1 contre le magazine Jeune Afrique et son rédacteur en chef, François Soudan. La plainte sera retirée volontairement le 10 Avril 2009.
1 http://www.jeuneafrique.com/Article/LIN15068moussajeuqa0/-jeune-Afrique-Paris-Moussa-Koussa-Plainte-Moussa-Koussa-attaque-J-A-.html
Il convient de rappeler que William Bourdon est également l’initiateur en 2000 5, au nom de la FIDH, de la plainte et de l’inculpation au Sénégal pour tortures et crimes contre l’humanité visant Hissène Habré, l’ennemi juré du Colonel Kadhafi 6.
5 L’express 3 février 2000
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/hissene-habre-juge-au-senegal_482178.html
6 In Le Frolinat et les guerres civiles du Tchad (1977-1984) de Robert Buijtenhuijs page 382
http://books.google.com/books?id=70PZdm0WC3cC&pg=PA382&lpg=PA382&dq=Hissène+Habré+ennemi+kadhafi&source=bl&ots=epmlQm98h_&sig=glZ85v7sIO9tqCkEBn4dHE8uXEY&hl=fr&ei=MbAnSpWOHdXMjAftpczgBw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1
6 bis In L’indispensable des conflits du XXème siècle de Sophie Chautard p 162
http://books.google.com/books?id=D_5neQwiKfoC&pg=PA162&lpg=PA162&dq=Hissène+Habré+ennemi+kadhafi&source=bl&ots=m0Bmf5QDju&sig=9klLL_1qWZQryWHDH_EuhSshIvk&hl=fr&ei=iLMnSsGsKJWZjAe0ocjdBw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=5#PPA162,M1
Mots-clefs : DC-10 d'UTA, Françafrique, Kadhafi, Sherpa, William Bourdon
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juin 16, 2009 par lelephantafricain
Fer de lance de la guérilla judiciaire menée depuis 2007 sur le territoire français contre plusieurs chefs d’état africains, l’association Sherpa présidée par l’avocat d’affaires William Bourdon mérite, au vu des combats qu’elle mène et des préceptes qu’elle profère, que l’on s’attarde sur ses sources de financement et son mode de gestion.
Des sources de financement respectables
L’association, créée en 2001, bénéficie de subventions d’associations, représentant trois-quarts des ressources financières de l’association comme l’indique les comptes de résultat 2006-2007 téléchargeables sur le site de l’association. Elle est principalement financée par l’association France Libertés de Danielle Mitterrand, le Sigrid Rausing Trust depuis 2004 (subvention actuelle de 20.000 €) et le CNASEA (subventions en faveur des emplois aidés).
Des sources de financement plus constestables
Depuis 2007, Sherpa bénéficie également du soutien financier d’une fondation suisse, la Stiftung Open Society (Open Society Institute http://en.wikipedia.org/wiki/Open_Society_Institute)9, laquelle finance également à plus de 50% la fondation Global Witness en 2008. Les frais de mission de Sherpa pour le dossier dit « des biens mal acquis » sont en outre partiellement pris en charge par les organisations partenaires (dont CCFD et Global Witness).
La personnalité troublante d’Aryeh Neier, président de l’Open Society Institute
Basée à Zug (Suisse), la fondation Open Society Institute est contrôlée par le spéculateur George Soros, et présidée par Aryeh Neier http://en.wikipedia.org/wiki/Aryeh_Neier. Ce dernier défraya la chronique en 1977 lorsqu’il était directeur de l’American Civil Liberties Union (ACLU) et décida de représenter en justice un groupe néo-nazi américain, le National Socialist Party of America, a qui les autorités américaines refusaient l’organisation d’une manifestation dans la ville de Skokie dans l’Illinois, hébergeant une importante communauté juive et de nombreuses victimes de l’Holocauste. A la suite de cette décision, plus de 30.000 membres d’ACLU quittèrent l’organisation.
Les intérêts économiques de George Soros en Afrique
George Soros dispose d’intérêts ou d’actifs économiques en Afrique à travers deux hedge funds, les sociétés Soros Fund Management LLC et Quantum Endowment Fund NV. Il s’agit notamment des activités de forage de Nabors Industries et des activités d’extraction de Schlumberger Ltd,. D’autres sociétés majoritairement détenues par George Soros, en particulier African Plantations Corporation et Apex Silver Mines, ont fait état de projets dans la région.10
10 Soros Fund Management LLC, Document de référence SEC 13F, 15 Mai 2009
http://www.secinfo.com/durN1.scf.htm
Mots-clefs : Geore Soros, Pétroliers, Sherpa, William Bourdon
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juin 16, 2009 par lelephantafricain
Si l’ONG Transparency International présente tous les gages de respectabilité et de sérieux dans les actions qu’elle entreprend, il est un point qui mérite d’être mis en lumière, c’est la nature des contributions qu’elle perçoit pour assurer son financement.
L’Organisation s’applique à elle même les préceptes de transparence et de bonne gouvernance qu’elle prêche pour les gouvernements et pour les grandes multinationales. C’est ainsi qu’elle publie chaque année un rapport d’activité et un rapport de financement librement téléchargeables depuis son site officiel.
Ces rapports sont riches d’enseignement notamment sur les principaux bailleurs de fonds qui contribuent à son financement, et apportent un éclairage intéressant sur le choix des cibles de l’ONG. A la lecture de son rapport d’activité 2007 on apprend notamment que son financement est mixte, publique à travers des subventions allouées par des gouvernements et des organismes internationaux, mais aussi privé par le biais de dons effectués par de grandes entreprises multinationales.
Et c’est là que le bas blesse. On apprend ainsi à la page 48 du rapport annuel 2007 de Transparency International dans la section Global Corporations for Transparency International que les compagnies pétrolières Exxon Mobil, Shell international, BP International et la compagnie minière Anglo American sont des contributeurs importants de l’ONG. Le rapport financier de 2007 de TI détaille le montant de ces contributions : elles s’élèvent à 47 729 € pour Shell International en 2007, à 40 000 € pour Anglo American en 2007, et à 18 500 € pour BP International en 2006.
Sans préjuger de la légalité de ces contributions ni de la moralité de ces entreprises, on peut toutefois légitimement s’interroger sur l’opportunité pour une ONG opérant dans de nombreux pays du Sud disposant de fortes ressources énergétiques et minières, d’accepter des subsides en provenance de compagnies pétrolières et de conglomérats opérant sur le marché des matières premières.
N’y a-t-il pas un conflit d’intérêts pour Transparency International qui engage de nombreuses procédures contre des chefs d’Etat de pays pétroliers ou de pays fortement dotés en ressources naturelles d’accepter d’être financée par de grandes compagnies pétrolières et des géants de matière premières.
Ce point sème le doute et apporte un éclairage nouveau sur le choix des cibles de Transparency International. Ainsi en menant des actions judiciaires contre les dirigeants de certains pays du Sud, l’ONG ne sert elle pas indirectement les intérêts des compagnies multinationales qui la finance ? Cette question mérite d’être posée.
Mots-clefs : Afrique, Bongo, Françaafrique, ONG
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